Le port va ainsi continuer à travailler sur l’impact du projet sur l’agriculture ainsi que sur la circulation des eaux douces nord-sud, et "consolider" l’hypothèse de la dénivellation des ponts du canal de Tancarville à la place de la réalisation du Grand Canal. "Nous n’avons jamais rejeté cette alternative même si elle n’est pas à nos yeux la plus optimale", a-t-il assuré. Décevant les attentes du public, Laurent Castaing n’a pas évoqué le projet de pôle multimodal de triage des conteneurs devenu la priorité du port ces derniers mois. L’argent prévu dans le Contrat de projet Etat-Région (2007-13) pour le Grand Canal devrait basculer sur ce projet jugé urgent pour fluïdifier les échanges internes au port. Pour autant, au GPMH on assure que cela ne signifie pas un abandon mais simplement un décalage "de quelques mois" des travaux.

Du côté des partisans du Grand Canal, on a souligné lors de cette soirée de clôture, l’importance de la réalisation de ce projet pour absorber la croissance du trafic des conteneurs qui doit passer au Havre de deux millions d’EVP à six millions en 2020. "Avec les longueurs des méandres de la Seine qui doublent la longueur du trajet avec Paris le fluvial doit être de 5 à 10 % moins cher pour être compétitif avec la route", a affirmé Jean-François Dalaise, président du Comité des armateurs fluviaux en rejetant l’alternative du Canal de Tancarville. De son côté Christian Leroux, le président de l’Union maritime et portuaire (Umep) a souligné l’intérêt des activités maritimes pour compenser la "fin" de l’industrie lourde. Nous sommes une petite ville avec un grand port adossé à un marché de 10 millions d’habitants à 200 km de chez nous", a-t-il souligné en assurant que "les consommateurs de ne renonceront pas aux produits chinois ».
Tous ces arguments ont été contestés par les défenseurs de l’environnement, très présents durant les quatre mois du débat, et qui estiment que ce projet est une nouvelle atteinte à l’éco-système de l’estuaire. Ils ont insisté en particulier sur la destruction de la Mare plate qui se trouve sur le passage du futur canal. "C’est une zone humide de 600 hectares dont l’apport hydraulique est vital pour la réserve naturelle", a assuré Patrice Bonnay de Haute-Normandie nature environnement (HNNE). "Le but principal du port est d’annexer encore une partie de la réserve naturelle qui est déjà bien restreinte", a affirmé de son côté Sylvie Barbier de SOS Estuaire. Quant au président du Comité régional des pêches de Haute-Normandie Alexis Maheut il a assuré que le Grand canal allait réduire l’approvisionnement en eau douce de l’estuaire où les poissons viennent se nourrir et se reproduire.
Le projet qui a été soumis au débat public vise à améliorer la desserte fluviale du port du Havre et lui permettre de disposer de nouvelles surfaces pour développer ses activités. L’objectif est d’atteindre près de 500.000 EVP transportés par la voie d’eau en 2020 contre 160.000 en 2007. Figurant déjà dans le schéma Basse-Seine datant des années 1960, le Grand Canal représente tout compris un coût oscillant entre 180 et 255 millions d’euros selon le tracé retenu qui pourrait varier de de 4,2 à 8,6 km.
Prônée par les défenseurs de l’environnement, l’alternative de l’optimisation du Canal de Tancarville a été étudiée par le port. Il faudrait pour cela limiter les mouvements de ses cinq ponts mobiles en les réhaussant, une opération estimée à 220 millions d’euros par le GPMH. La manoeuvre de ces ouvrages utilisés par les usagers de la Zone industrialo-portuaire génère en effet déjà un million d’heures perdues chaque année en temps d’attente avec une perspective de doublement à l’horizon 2020.
La question de la taille des écluses de Tancarville souvent posée durant le débat n’est pas un problème, même au-delà de 2020, selon le GPMH. En faisant évoluer leur mode d’exploitation, ces ouvrages pourraient atteindre une capacité de 25.000 bateaux l’an alors que leur trafic actuel est inférieur à 10.000.
A consulter : le Cahier d’acteur de la Chambre Régionale de Commerce et de l’Industrie de Haute-Normandie
Congrès BEAUTÉ & PACKAGING - les 17 et 18 mars 2010 à Louviers (Eure)