La baisse du revenu net des exploitations agricole de 32% en 2009 après un recul de 23% en 2008, estimée d’après les comptes prévisionnels de l’agriculture, a provoqué de vives réactions au sein des organisations agricoles qui y voient surtout la confirmation de leurs difficultés.
Au niveau national – en attendant les chiffres par région - le revenu moyen hors inflation revient au-dessous de son niveau du début des années 1990, entraîné par la chute des prix des productions végétales et animales.
La baisse est sensible pour les exploitations spécialisées en céréales et oléoprotéagineux (- 51% en 2009, -37% en 2008), les éleveurs laitiers (- 54%). Les producteurs de viande bovine bénéficieraient d’une baisse des prix de l’alimentation, +17% en 2009 après avoir perdu 30% les deux années précédentes. Les exploitations ovines, les éleveurs hors-sol sont également en progrès alors que les arboriculteurs perdent 53% et les exploitations maraîchères et horticoles 34% de revenu.
Pour la FNSEA, ces chiffres confirment « l’extrême vulnérabilité » de l’agriculture française que « l’Europe sacrifie sur l’autel des échanges internationaux avec l’abandon de tous les outils de régulation ». Elle demande à l’Europe une PAC (politique agricole commune) « plus souple, plus réactive, plus efficace, régulatrice des marchés ».
La Confédération paysanne voit les « paysans au bord du gouffre. C’est du jamais vu. (…) Les paysans de France voient leur revenu total passer de 12,4 milliards d’€ en 2008 à 8 Md€ en 2009, un hold-up de 4,4 Md€ dans la caisse des paysans » dénonce la Conf qui stigmatise la FNSEA et demande que « les structures syndicales qui parlent d’agriculture compétitive, de réduction des charges et qui ont abandonné tout combat sur les prix fassent leur mea culpa ».
Pour la Coordination rurale, ces chiffres annoncent un « triste Noël pour les agriculteurs ». Les prévisions révèlent que le premier secteur de l’économie française « est mis en faillite », déclare la Coordination. Elle juge le bilan « consternant ». « L’obsession de l’inflation par le panier de la ménagère a conduit le gouvernement et la Commission européenne à entamer les manœuvres nécessaires pour faire effondrer les prix agricoles ».
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