Le ministre de l’alimentation de l’agriculture et de la pêche, Bruno Le Maire, s’est félicité vendredi à Neuchâtel-en-Bray de « discussions approfondies » avec des éleveurs et producteurs laitiers confrontés à une « vraie détresse » depuis la chute du prix du lait. « Tous les Français doivent avoir conscience de leurs difficultés. Personne n’accepterait d’avoir un revenu de moins 30 ou de moins 40% », a-t-il commenté avant de louer le « premier dispositif solide » mis en place par le gouvernement pour faire face à l’urgence.
Après la signature d’un accord entre les acteurs de la filière lait à 280 € les mille litres, Bruno Le Maire, « sans accusation », a insisté sur la nécessité de rendre visible la transparence sur les marges et les prix pratiqués en la qualifiant de « nécessité républicaine ». Cette exigence, qui va au-delà de « l’importance à veiller au bon respect de l’accord », pourrait passer par l’ouverture d’un site internet grand public où les marges pratiquées apparaîtraient clairement répondant ainsi à la question « où va l’argent » ? Le ministre a également indiqué qu’il veut travailler à la contractualisation de tous les acteurs, « seule manière d’assurer une garantie de lisibilité aux exploitants qui ont droit à un revenu décent et stable ».
Par ailleurs, Bruno Le Maire s’interdit de défendre à Bruxelles tant l’idée des quotas de productions qu’une libéralisation totale des marchés. Le bon équilibre passerait plutôt par une régulation de la production à l’échelon européen. Interrogé notamment par Max Bottier vice-président de la “section laitière 76“ et par Elise Héron présidente des “Jeunes Agriculteurs“ de Seine-Maritime sur les immédiates difficultés de trésorerie vécues par les éleveurs, Bruno Le Maire a promis de « faire plus… si on peut faire ». Une promesse qui pourrait se décliner sous la forme de prêts court-terme à taux zéro octroyés par des banques dont les taux avoisinent les 4 à 5%.
Pour marquer sa première sortie en tant que ministre et à l’invitation de Samuel Chemin exploitant à Neuville-Ferrières, Bruno Le Maire a accepté de baguer une génisse, née mercredi dernier (jour de sa nomination) en lui donnant le nom d’Europe.
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