Cet équipement d’un coût de 30 M€ sépare l’H2S des eaux de procédé. Le soufre est alors converti en matières premières réutilisables par l’industrie chimique. Au cours des 20 dernières années, la raffinerie a divisé par 3 ses émissions de H2S qui se situent aujourd’hui aux alentours de 12.000 tonnes.
« Un gros industriel qui utilise comme nous l’énergie fossile n’a d’avenir que s’il cherche à réduire son empreinte environnementale en investissant dans les meilleures technologies », souligne Gérard Roussel.
Le directeur de la raffinerie insiste sur sa volonté de ne pas mettre en opposition l’économie et le développement durable : « Le strippeur ne doit pas être considéré comme une charge financière mais comme un investissement d’avenir ».
Total indique avoir consacré au cours de sept dernières années un milliard d’euros au développement de son site dont un tiers dans les domaines de l’hygiène, la sécurité et l’environnement, surtout sur les projets air et eau ce qui lui permet d’être toujours en avance sur la réglementation. Cette politique lui a permis de réduire par deux sa « signature olfactive » ainsi que la pollution visuelle notamment en abattant des cheminées.
La raffinerie de Normandie transforme chaque année 16 millions de tonnes de pétrole brut et emploie 1.200 salariés, auxquels s’ajoutent une moyenne de 1.000 personnes sur les activités de maintenance.
La raffinerie stoppée par le froid
Les nuits très froides du début de semaine ont eu raison de la raffinerie. Les capteurs de l’unité de cogénération vapeur-électricité qui produit l’énergie nécessaire au fonctionnement du site ont été paralysés par le froid. La première tranche de production dans la nuit, puis la seconde dans la matinée, ont été mises en arrêt. Cela s’est traduit par une importante flamme sur la torche destinée à brûler le carbone et l’hydrogène en surcapacité visible sur toute la zone industrielle. C’est la première fois que survient un incident de cette nature lié au froid. « Nos process de plus en plus sophistiqués sont équipés de capteurs très sensibles. La mise en sécurité est toujours une priorité », explique Gérard Roussel.
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