Le Conseil économique et social de la région Haute-Normandie a donné lundi un avis favorable au projet de budget primitif 2009 qui sera examiné le 8 décembre par le conseil régional en insistant tout particulièrement sur la nécessité pour la Région de réaliser des « investissements significatifs dans des secteurs d’avenir : infrastructures, outil de formation ». Le CESR que préside Gérard Lissot estime qu’un engagement plus important est possible en raison de « l’excellente situation financière avec un faible endettement » de la collectivité. Cette position sera sans doute amplifiée par les groupes d’opposition de la droite et du centre lors de la séance plénière, où le président de la région, Alain Le Vern est, selon un rite maintenant bien établi, régulièrement vilipendé pour un « manque d’audace et le déficit de projets ». Cette fois, le CESR a saisi l’actualité de la crise économique et financière « et de ses impacts sociaux » pour demander que le conseil régional « utilise tous les moyens susceptibles d’accompagner les secteurs économiques en difficulté afin d’atténuer, autant que faire se peut, les conséquences en matière d’emploi » et de se servir « des leviers à disposition, sous forme de mesures d’urgence, si nécessaire ».
Présent pour l’ouverture des travaux du conseil économique et social, M. Le Vern a à nouveau, défendu sa gestion qui va permettre de lancer ce qui s’apparente à un plan de relance régional lorsque les plans de l’Etat se heurteraient à une absence de moyens. « Il n’y a plus un centime dans les caisses de l’Etat. C’est le constat actuel du chef du gouvernement ». Le président du conseil régional a donc esquissé devant les membres du CESR plusieurs points d’un plan qui sera rapidement arrêté dot le principal atout serait se venir en appui à des partenaires dans l’incapacité immédiate de lancer des projets en stock. « La Région est capable d’avancer les fonds nécessaires », a proposé M. Le Vern, le message s’adressant en particulier à l’Etat dont il faudra « mesurer la fiabilité et la solvabilité des annonces ». La région serait disposée à faire accélérer les opérations routières « prêtes depuis 10 ans » pour lesquelles l’Etat est maître d’ouvrage mais « ne s’engage pas ». « Allons-y, y compris en trouvant de nouveaux modes de financement, en anticipant sur des versements comme nous l’avons fait pour le pont Gustave-Flaubert à Rouen ». M. Le Vern a encore informé le CESR qu’il allait prendre la tête d’une initiative avec son collègue de Bretagne, Jean-Yves Le Drian, pour soutenir la filière automobile dans le domaine de la recherche, proposer un dispositif particulier en matière de formation « pour que les entreprises utilisent le creux d’activité à la formation des personnels ». Il a encore invité le président du CESR à participer un groupe d’experts qui devra « revisiter les dispositifs pour le soutien à l’économie mise à disposition de l’emploi ».
Ces propositions seront-elles suffisantes pour calmer les impatiences du CESR qui a renouvelé ses demandes d’engagement et d’initiatives de la Région dans le domaine du logement et de la santé. Il s’agit du logement des jeunes, l’animation de la vie étudiante, la santé au travail et la santé mentale. Plusieurs membres du CESR se sont plaints d’un manque d’engagement de l’EPFN (Etablissement public foncier de Normandie) pour favoriser la construction de logements sociaux en proposant du foncier. Le CESR « regrette l’aspect limité à 15 opérations » soit quelque 400 logements, de l’appel à projets lancé aux constructeurs bailleurs de logements locatifs sociaux qui s’intègrent dans une démarche de Haute Qualité Environnementale. Or, le plan de cohésion sociale prévoit un volume annuel de constructions neuves de l’ordre de 2.000 logements sociaux, a fait valoir Bernard Marette, représentant de l’Union sociale pour l’habitat. Le CESR a donc préconisé une couverture de l’ensemble du territoire haut-normand et de l’ensemble des logements à construire. Cette observation critique est toutefois suivi d’un satisfecit pour « l’effort conséquent » pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la lutte contre le changement climatique.
Interpellé par Edouard Labelle (CRCI de Haute-Normandie) sur cette question, M. Le Vern a répliqué qu’il s’agit d’une responsabilité de l’Etat et que pour l’instant, le Contrat 276 a inscrit 84 M€ de programmes pour l’amélioration du logement, en partie inutilisé faute… de projet. Il a reçu sur ce point l’appui ferme de Katia Planquois, secrétaire régionale de la CFDT qui s’est élevé contre la captation par l’Etat du “1% Logement“ et a demandé la démission des ministres Christine Boutin et Fadela Amara pour leur « irresponsabilité » dans le domaine du logement.
894,3 M€ (-2,28%)
Recettes
Taxes : 369,4 M€ (+0,81%)
Dotations : 314 M€ (+0,19%)
Emprunt : 210,9 M€ (-11,6%)
Dépenses
Administration : 143,2 M€ (+16,9%)
Dettes : 35,4 M€ (-6,08%)
Actions interrégionales, Europe : 4 M€ (-4,65%)
Action économique : 69,1 M€ (+20,77%)
Formation professionnelle : 210,8 M€ (+1,49%)
Enseignement : 196,2 M€ (+31,30%)
Aménagement - Territoires : 189,1 M€ (-34,72%)
Culture – Santé - Sports : 35,4 M€ (-3,28%)
Environnement : 11,2 M€ (+14,29%)
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