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Les grands voiliers : des vedettes aux charmes de plus en plus chers

Les grands voiliers : des vedettes aux charmes de plus en plus chers

 

Date de publication de l'article : 7/06/2013 
 

Le vent reste gratuit mais pas les grands voiliers de légende qui sont devenus, au fil des rassemblements navals comme l’Armada de Rouen, des vedettes qui vendent parfois chèrement leur venue. « Il faut compter entre 50.000 et 150.000 € la semaine pour un grand voilier privé », assure Patrick Herr, président de l’Armada. Il y a dix ans les prix s’échelonnaient entre 30.000 et 120.000 €. Lors de la première édition, en 1989, seuls trois navires avaient réclamé un « cachet » : l’Astrid armé par une association éducative néerlandaise, le Belem dont le mécène est la fondation des caisses d’épargne et le Kaskelot, appartenant au milliardaire britannique Robin Davies. Mais depuis la « marchandisation » a touché ce milieu comme elle s’est insinuée dans tous les espaces de la société. La cinquantaine de navires de la classe A, long de plus de 70 mètres, qui composent ce plateau de rêve sont devenus comme des acteurs ou des sportifs aux talents soigneusement tarifés. Les armateurs surfent sur l’engouement du public pour ce genre de rassemblements qui a fait école en Europe, à Brest, Kiel, Amsterdam, Lisbonne, Cadix, Portsmouth, Dunkerque ou encore Toulon.

Les organisateurs doivent compter avec les exigences financières de ces armateurs privés mais aussi avec les difficultés des Etats à entretenir et à faire naviguer leurs flottes militaires. Les gouvernements ne réclament pas de cachet pour leur présence mais l’organisation doit prendre à sa charge le pilotage, le lamanage, les droits de quai, les vidanges du bateau et… une voiture pour le commandant. Ces facilités ne suffisent pas toujours à emporter la décision. Pour remonter la Seine, le navire-école portugais Sagres II, un fidèle de l’Armada, a du être aidé par l’Académie de la Bacalhau, une institution locale de solidarité et de convivialité. Quant au trois-mâts barque Amerigo Vespucci, l’une des vedettes des éditions précédentes, il est restée en Italie. « Le pays n’a plus d’argent et n’avait pas de gouvernement au moment où la décision devait être prise », explique Patrick Herr.

Au-delà de l’accueil des navires, l’organisation doit aussi mettre la main à la poche pour payer les gendarmes, les CRS, les pompiers ou encore la Croix-Rouge mobilisés en nombre pour assurer la sécurité des spectateurs. « Tous ces services étaient gratuits en 1989 », se souvient Patrick Herr. Alors pour équilibrer son budget, l’association doit faire feu de tous bois et à son tour cherche à commercialiser tout ce qui peut l’être. Sauf l’accès aux quais qui reste gratuit et accessible à tous, selon un principe jamais démenti depuis la première édition.

Un budget de neuf millions d’euros

Pour cette édition 2013, le budget de l’Armada s’élève à environ neuf millions d’euros, comme en 2003 et en 2008. L’inflation des dépenses n’est plus de mise. Pour boucler ce budget, les collectivités sont les premières sollicitées. La CREA, la région Haute-Normandie, le département de la Seine-Maritime et la ville de Rouen apportent chacune environ un million d’euros. Elles financent par ailleurs directement certaines prestations comme les concerts pour la région, les repas des bénévoles pour la ville. Viennent ensuite les sponsors : après le retrait de la Matmut, l’Agence de l’eau Seine-Normandie a pris le relais en apportant quelque 250.000 €. Enfin, le reste des recettes provient de la vente de licences de produits dérivés, de la location de stands commerciaux ou encore de la mise à disposition des grands voiliers pour des réceptions à bord. Il en coûte environ 10.000 € par soirée. Mais fragilisées par la crise, les entreprises, les plus susceptibles d’être intéressées, ne se bousculent pas. A la mi-mai, le taux de location des grands voiliers ne dépassait pas les 60%.


Source : ANI

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