Rediffusion de l’article du 07/03/2012
Chaque année, Dehondt vend 150 de ces machines partout dans le monde, du moins dans les pays où le lin est cultivé : la France, la Belgique, les Pays-Bas, la Russie, la Biélorussie ou encore la Chine. "C’est un créneau de niche qui n’intéresse pas les grands groupes parce que les séries sont trop peu importantes", explique Guillaume Dehondt, le PDG de l’entreprise. Il peut se vendre 80.000 tracteurs par an en France et seulement 300 à 400 machines à lin dans le monde…
L’histoire de l’entreprise qui en est à sa cinquième génération remonte à la Première guerre mondiale et à l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes. Le roi d’outre-Quiévrain doit quitter son pays et se réfugier en France, à Sainte-Adresse, dans la pointe de Caux. Quelques militaires l’accompagnent dont Elie Dehondt un agriculteur qui tombe durant son exil en admiration devant la qualité du lin normand. A la fin des hostilités, il décide de s’installer avec sa famille dans le Pays de Caux, à Crasville-la-Mallet, où il développe un petit atelier de teillage.
A l’époque les semis, la culture, l’arrachage, le rouissage et le stockage se faisaient entièrement à la main. Mais avec le dépeuplement des campagnes, les agriculteurs se détournent du lin et s’orientent vers le blé, une culture moins exigeante en main d’oeuvre. Pour survivre, les Dehondt doivent proposer aux liniculteurs une autre façon de travailler, plus mécanisée.
Au début des années 1950, Georges, le petit-fils d’Elie, construit sa première machine, une retourneuse. "Il avait bidouillé un engin avec un moteur de 2 CV et des roues de Dauphine", raconte Guillaume Dehondt. La famille quitte alors le teillage et Crasville la malet pour les machines à lin et Notre-Dame de Gravenchon. Avec le temps, l’entreprise se développe et survit à la grande purge des années 1980 et 1990 qui verront disparaître une grande partie des fabricants. "Nous avons été sauvés par l’innovation", assure Guillaume Dehondt.

Au début de cette décennie, la PME qui a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 7,6 M€ dont 60 % à l’export semble être à un nouveau tournant.
Elle cherche à se diversifier dans le domaine de la fabrication de semi-produits en lin pour les secteurs de l’automobile, de la construction électrique et électronique, de la plasturgie, de la bagagerie… Il s’agit d’imposer le lin comme la "troisième" fibre dans les matériaux composites après le verre et le carbone.
L’objectif est de trouver de nouveaux débouchés au lin textile pour ne pas dépendre des seuls acheteurs chinois. Guillaume Dehondt préside ainsi aux destinées de Fimalin, un cluster auquel participent, outre son entreprise, des acteurs comme Arkema, Clextral, Dedienne plasturgie, Terre de lin ou encore l’Institut technique du lin.
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