La consommation française de carburants automobiles a stagné en 2011, selon des chiffres diffusés jeudi, victime d’un contexte économique morose, des prix à la pompe qui ne cessent de grimper, et du renouvellement progressif des véhicules au profit de modèles plus économes.
D’après l’Union française des industries pétrolières (Ufip), la consommation de carburants nationale a augmenté de 0,08% seulement l’an dernier, les livraisons aux stations-services ayant atteint un peu moins de 51 millions de mètres cubes.
Dans le détail, cela reflète un recul de 5% de la consommation d’essence, tandis que celle de gazole a augmenté de 1,5%. Des données qui confirment la poursuite de la "diésélisation" du parc automobile national, les véhicules roulant au gazole supplantant année après année ceux fonctionnant à l’essence.
Selon l’Ufip, qui s’appuie sur des données collectées par le Comité professionnel du pétrole (CPDP), la part du gazole a ainsi représenté au mois de décembre 81% de la consommation française de carburants.
D’après les professionnels, la stagnation enregistrée l’an dernier confirme une tendance de fond à l’oeuvre depuis des années en France et en Europe : les automobilistes restreignent leur consommation de carburants sous l’effet de facteurs tant économiques qu’environnementaux.
La consommation de 2011 est inférieure de 2% à celle de 2007, ce qui signifie que "les efforts d’économie réalisés durant la crise sont acquis", et que "les gens font très attention à leur consommation", a expliqué à l’AFP le président de l’Ufip Jean-Louis Schilansky.
Les prix à la pompe en France ont atteint en 2011 des niveaux jamais égalés en moyenne annuelle, même en 2008 lorsque le prix du baril de brut avait culminé à plus de 147 dollars. Et les prix de vente de l’essence ont atteint de nouveaux sommets historiques ce mois-ci, ce qui n’a pas manqué de faire des vagues chez les politiques en pleine campagne présidentielle.
A cela s’ajoute la dégradation des conditions économiques, qui incite les automobilistes à limiter leurs déplacements, sans oublier les normes environnementales de plus en plus sévères, qui poussent les constructeurs à fabriquer des véhicules toujours plus économes.
A tous ces facteurs s’est rajoutée la lutte contre la violence routière, avec la multiplication des contrôles qui obligent les automobilistes à diminuer leur vitesse, ce qui a pour effet, là encore, de réduire la consommation de carburant.
Cependant, face à cet amoncellement d’obstacles, la consommation stagne depuis la crise de 2008, sans pour autant chuter, souligne M. Schilansky.
"On est arrivé à un plateau, malgré les prix très élevés, la consommation est restée relativement stable en décembre, et il faudrait vraiment un gros choc de prix pour qu’on aille en-dessous des niveaux actuels", estime-t-il.
La morosité des ventes des carburants explique à son tour la crise profonde dans laquelle le secteur français (et européen) du raffinage est englué.
Les industriels se retrouvent avec des installations surdimensionnées et à peine rentables ou déficitaires, et doivent par ailleurs gérer le déséquilibre grandissant essence/diesel, ce qui les oblige à importer massivement du gazole de Russie, et à écouler leurs excédents d’essence aux Etats-Unis.
Dans ce contexte très défavorable, le groupe suisse Petroplus, premier raffineur indépendant du Vieux continent, vient ainsi de demander sa mise en faillite, et ses filiales françaises, qui gèrent le site de Reichstett (Alsace) et la raffinerie de Petit-Couronne près de Rouen, ont été placées en redressement judiciaire.
Une autre raffinerie française (LyondellBasell près de Marseille), a quant à elle été mise en sommeil ce mois-ci, dans l’attente d’un éventuel repreneur.
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