« Notre chiffre d’affaires devrait doubler dans les 10 ans », a-t-il déclaré lors de l’assemblée générale des professionnels de Normandie [1] qui se tenait ce lundi 16 janvier à Honfleur.
Près d’1,5 million de véhicules automobiles sont détruits en moyenne chaque année en France et plus encore ces deux dernières années : 500.000 véhicules supplémentaires avec la mise en place de la prime à la casse. Rigoureusement encadrés par les pouvoirs publics, les recycleurs agréés sont chargés depuis janvier 2011 à la fois de la destruction du véhicule hors d’usage (VHU) et de la radiation de la carte grise.
« Le public n’est pas informé sur son obligation de confier son véhicule à un organisme agréé », insiste Patrick Poincelet, qui déplore « qu’aujourd’hui encore 500.000 véhicules passent par la filière parallèle qui s’exonère des obligations des professionnels notamment sur le plan environnemental et administratif ».
C’est ainsi que l’on dénombre 71 millions de cartes grises dans les préfectures alors que le parc roulant français compte 35 millions de véhicules. Il rappelle pour information que la prise en charge d’un VHU par un centre agréé est non payante.
Après de nombreuses péripéties au niveau national et européen, la profession va clarifier son activité à partir de 2012. Il n’y aura désormais qu’un point unique d’entrée de la filière dans des centres agréés VHU, écartant de fait les broyeurs de métaux qui pouvaient récupérer les véhicules au poids sans autres formalités. Et alors que depuis 2006, 85% de la masse du véhicule devait être recyclée, cette part sera portée à 95% à partir de 2015.
Ce recyclage porte sur la transformation des matières, la valorisation énergétique et la réutilisation des pièces. Le marché de la pièce de réemploi devrait considérablement augmenter dans les prochaines années, estime le président des recycleurs. Depuis 2009, les assureurs chiffrent de plus en plus souvent la réparation d’un véhicule accidenté avec des pièces d’occasion.
« C’est une approche totalement nouvelle qui s’inscrit dans une logique de développement durable et qui doit profiter aux propriétaires de véhicules en diminuant les coûts de réparation ». Une pièce de réemploi coûte au maximum 50% du prix neuf. Pour répondre à ce marché grandissant, la profession met en place des outils de traçabilité et de qualité des pièces. Elle a créé la « référence universelle » de la pièce de réemploi. Concrètement, chaque pièce est référencée selon une nomenclature commune à tout le territoire. « Il s’agit de fournir aux réparateurs le bon produit disponible en stock », explique Patrick Poincelet. Cette mise à disposition de pièces doit permettre de prolonger à moindres coûts la durée de vie des véhicules.

[1] La Normandie compte environ 120 centres agréés. Président de Basse Normandie : Christian Fougeray, président de Haute Normandie : Pierre Hélie
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