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La ville de Rouen confirme son souhait de retrait : l'avenir du Marité entre les mains de la Manche

La ville de Rouen confirme son souhait de retrait : l’avenir du Marité entre les mains de la Manche

 
Les deux principales collectivités propriétaires du trois-mâts Marité, la ville de Rouen et le Département de la Manche, ont remis au mois de septembre 2008 leur décision de poursuivre ou non l’aventure de ce terre-neuvier racheté en 2003 mais immobilisé pour travaux depuis 2006 dans le port de Cherbourg. Pour sa part, le maire de Rouen, Valérie Fourneyron (PS), a confirmé que la ville de Rouen « souhaite se retirer » du GIP au 31 décembre 2008.

Ce délai doit d’abord laisser le temps d’achever le chantier de mise en flottabilité du navire qui a été totalement démonté dans la forme de radoub de Cherbourg. « Nous accompagnons le bateau jusqu’à sa mise en flottabilité. Si nous n’avons pas de garanties financières, nous nous retirerons de l’opération », a annoncé le président du conseil général de la Manche, Jean-François Le Grand (UMP).

La collectivité départementale de Basse-Normandie qui a porté sa participation au GIP de 10% à 40% en reprenant des droits de la ville de Rouen, prévient qu’elle ne poursuivra que si de nouveaux partenaires viennent suppléer la défection totale de la ville de Rouen. Jean-François Le Grand a exclu que le département de la Manche supporte quasiment seul, la charge de ce navire. Ce qu’avait fait la ville de Rouen lors du lancement du projet.

Pour Mme Fourneyron, le retrait du GIP s’impose en raison des contraintes financières qui s’imposent à la ville de Rouen. La collectivité a déjà engagé 2,4 M€ et sera appelée pour couvrir un emprunt de plus d’un million d’€. « Une dépense à mettre en parallèle avec la venue du Marité à Rouen, observe le maire pour justifier le retrait. Une seule semaine en quatre ans dont la visite était payante ; avec l’oubli de Rouen dans la tournée de l’émission de télévision Thalassa ; avec la situation financière de la Ville ; et avec l’opacité de la gestion de ce dossier par l’ancienne équipe municipale… » tempête Mme Fourneyron.

Le Marité a été acquis auprès de passionnés suédois qui avaient habilement redonné un “coup de jeune“ au vieux gréement pour mieux le vendre. Le retour dans sa région de construction, a débuté dans la confusion. L’opposition de gauche au conseil municipal de Rouen doutant de la fiabilité du projet et surtout le conseil général de la Seine-Maritime alors présidé par le sénateur UMP, Charles Revet, position confirmée par son successeur Didier Marie (PS), ainsi que le conseil régional présidé par le socialiste Alain Le Vern, ont limité leur engagement au versement d’une subvention pour l’acquisition, mais ont refusé de s’engager dans le GIP. Plus gênant, le président de l’Armada, Patrick Herr alors député UDF de Rouen, est resté volontairement à l’écart. Finalement, la Ville de Rouen a obtenu l’appui du département de la Manche, de la ville de Fécamp, du département de l’Eure et de la Communauté d’agglomération Seine-Eure (CASE) que préside Franck Martin (PRG).

Farouche partisan de la poursuite du projet sous la responsabilité des collectivités, l’élu de l’Eure estime aujourd’hui qu’un rééchelonnement des emprunts sur quinze ans au lieu de six, permettrait aux principales collectivités garantes de supporter la charge. Il fustige l’incapacité de Rouen en particulier, ville organisatrice de l’Armada, et des collectivités normandes en général, à se fédérer autour d’un projet maritime.« La France est une puissance navale qui a laissé pourrir son patrimoine maritime. C’est un vrai scandale », a exprimé M. Martin.

La durée du GIP créé en décembre a été portée de 10 à 20 ans en juin 2007 avec une nouvelle répartition des droits de la ville de Rouen ramenés de 60% à 40%. Le Département de la Manche était passé de 10% à 40%, le Département de l’Eure se retire de 10 à 4%. La Communauté d’agglomération Seine Eure passe de 10 à 8% tout comme la ville de Fécamp. Si le GIP n’est pas maintenu, on se dirigerait alors vers une mise en vente du bâtiment que les experts estiment, une fois sa rénovation achevée à 7 M€.

Plus d’informations sur le Marité, photos du chantier, coupon de souscription… sur le site Marité.fr


Date : 22/07/2008 
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